Reconstruire la gauche

Rassembler à gauche

Laurent Fabius Point Net

Le Mar, 26/08/2008 - 12:42

Moscovici ou un Besoin de gauche

Comme beaucoup de militants, j’avoue avoir du mal à comprendre la stratégie non seulement, de Moscovici qui aspire à devenir le prochain Secrétaire du Parti Socialiste mais aussi, de ses nouveaux "amis" Montebourg, Valls, Guérini…

Dans l’un de ses argumentaires intitulé "Reconstruire le PS", le député du Doubs dresse un constat et déclare : " le parti a pris du retard dans la prise en compte des enjeux…" mais aussi :" que la tactique à pris le pas sur la projection dans l’Avenir". Dimanche, à la fête de la Rose à Frangy-En-Bresse, aux côtés de l’ancien leader de NPS et, de RM, l’ancien proche de Jospin réitérait son analyse "ce parti ne peut pas continuer à préférer la communication, d’ailleurs mauvaise, à la réflexion. La définition d’une stratégie d’Avenir à la tactique. Les combinaisons à une ligne claire".

Sans aucun doute, nous pourrions abonder dans son sens. Il a effectivement raison. Néanmoins, les militants ne seront pas frappés d’amnésie, ils doivent se souvenir que Moscovici n’a pas toujours eu cette préoccupation. Le temps n’est pas si loin où, comme un florentin, le Secrétaire national chargé des questions internationales se satisfaisait pleinement du fonctionnement, des combinaisons et des tactiques. Au Mans, il était un des ardents défenseurs de la ligne politique. Il est également l’un des "pères" de cette synthèse, de cette opposition sans consistance au gouvernement. En 2007, alors qu’aucun militants socialistes n’étaient consultés, il était aux côtés de ceux qui souhaitaient une alliance avec Bayrou. C’est dans cet objectif probablement teinté d’ironie, qu’il intitule sa contribution "besoin de gauche" ! En réalité, le député du Doubs n’a jamais dénoncé la faiblesse de la direction nationale ni le médiocre climat interne. On peut également s’interroger sur la portée de son interview où il affirmait récemment : " en vingt ans, le PS n’a produit aucune idée nouvelle" où encore "le travail est insuffisant dans le parti… Pourtant, il se félicite " du grand nombre d’élus, d’experts, d’intellectuels et de militants actifs" ! Son schéma lui fait oublier l’essentiel, depuis vingt ans, il est l’un des membres de cette direction. Que fait-il au sein du PS ? Les militants de la fédération du Doubs devraient l’interroger sur ses propres incohérences.

Finalement, il stigmatise aujourd’hui ce qu’il a contribué à construire. C’est-à-dire un parti épuisé par des disputes intestines, des luttes fratricides dont l’unique ambition était d’interdire une orientation sociale et solidaire. Sa volonté d’écarter les fabiusiens dans la construction d’une majorité, illustre parfaitement sa conception du rôle du Premier Secrétaire. On ne rassemble pas en écartant ou en divisant ! Lorsque Mitterrand parvient à l’Elysée, son premier geste politique est de nommer Mauroy au poste de Premier ministre. Par ce geste, il entend Rassembler le parti. Sur ce point, les "Reconstructeurs" ont cette ambition. Ils souhaitent instaurer un véritable débat mais en s’appuyant sur nos fondamentaux historiques.

Alors oui, le congrès n’est pas le moment de choisir un ou une candidate pour les présidentielles. Nous ne sommes d’ailleurs pas dans ce temps mais dans le choix d’une orientation, d’une ligne politique. Oui, le PS à un besoin vital de changement mais "la dynamique victorieuse" ne repose pas sur une nouvelle alliance stratégique qui n’ose pas dire encore ou clairement son nom. Un rapprochement avec les centristes serait contre nature. Les centristes, c’est Bayrou, Raffarin, Giscard…Aujourd’hui encore l’udf-modem gère une trentaine de départements avec la droite pas un seul avec la gauche. Pouvons-nous partager nos valeurs avec un mouvement politique qui collabore activement avec la droite la plus réactionnaire que la France est connue ? Je ne le crois pas. Par conséquent, Non, nous ne souhaitons pas un rapprochement idéologique au détriment de nos convictions, fusse sur la base d’un "néo-programme commun libéral". Oui, nous souhaitons le renforcement de nos alliés naturels, c’est-à-dire ceux qui acceptent le jeu démocratique mais nous souhaitons aussi rassembler, au-delà de nos forces. Oui, nous voulons une orientation politique clairement à gauche qui tiennent compte des réalités sociales, économiques et Moscovici comme ses petits camarades englués dans une union de façade n’incarnent pas celle-ci.

Jean-Marie Mendy
Aumale

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