Avec la guerre en Géorgie, et surtout la crise économique d'une exceptionnelle gravité, dans laquelle nous sommes entrés, le besoin d'Europe est redevenu impérieux.
Il avait cessé de l'être après la disparition de l'Union soviétique et le triomphe de l'idéologie néolibérale, dans la deuxième moitié des années 1990. Pourquoi consentir de nouveaux abandons de souveraineté, pensaient une majorité de « décideurs » si l'Armée Rouge ne menace plus nos frontières et si le libre jeu des mécanismes du marché permet la meilleure allocation des ressources ?
Dans un monde qu'ils croyaient durablement prospère et pacifié, les dirigeants européens s'employaient, sur le plan économique à faire respecter la stabilité monétaire et la "concurrence libre et non faussée"; sur le plan géopolitique à exercer le "soft-power" -diplomatie, négociations-, en complément du "hard power",- guerres préventives ou punitives -, laissé principalement à "l'hyper-puissance" américaine. Les optimistes parlaient de la "Fin de l'histoire", les pessimistes du "Choc des civilisations" (mais pour le conjurer !).
Lun, 01/12/2008 - 17:00